Un soir, après la labeur
Où s'obstine le front de l'homme,
Je m'assoupis, et dans mon somme
M'apparut un bouton de fleur.
C'était cette fleur qu'on appelle
Pensée ; elle voulait s'ouvrir,
Et moi je m'en sentais mourir :
Toute ma vie je l'aimais qu'elle
A mesure que ses pétales
Elle était belle
Et m'ensorcèle
Et ses grands yeux de velours sombre
Se dépliaient si lentement
Qu'il me semblait que mon tourment
Vite fleur espoir anxieux
De te voir éclore m'épuise
Que ton regard s'achève et luise
Fixe et profond dans tes beaux yeux
bleus !
Une fine couche de rosée se déposait
Mais, à l'heure mes yeux s'endormissent
Se déroulait le dernier pli,
Moi, je tombais enseveli
Et je pensais à la pluie
Car depuis un bon moment mes fleurs
Devenaient des ruines
Mais dans la nuit il se mit à pleuvoir
Du coup le matin mes yeux avaient un autre regard
J'étais ravie de cette perle de rosée
Qui venait de se déposer sur la fleur fânée
Depuis ce jour là je le aimais
Leurs couleurs si différentes m'apportaient
de la joie et je vivais gentiment ....................
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